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A 21H30 dans le marais, un attroupement de parisiens sur le trottoir. Seul signe de vie dans un Paris déserté un mercredi soir au mois de Mars. Entre 30 et 40 ans, le look soigné, le regard vif, des spectateurs attendent leurs tours.
Quelques passages télé et des chroniques radio avec Nagui, Guillermo Guiz est tout frais sur le marché. Ce soir le Point Virgule affiche complet. Lui, il entre sur scène comme dans un café. Un jean et la Stan Smith sophistiquée, le Tee shirt à manches courtes qui laisse entrevoir des tatouages.  Quelques mèches de cheveux soyeuses dans un mouvement naturel inaugure le Show. Après 15 secondes, c’est l’éclat de rire. L’humour comme une seconde peau, un recours imparable pour ne pas sombrer tout à fait, ce trentenaire manie le Stand up à la perfection. Saisit l’opportunité d’une pause aux contours irréguliers, un rire décalé ou une muette sexagénaire qui semble s’être trompée d’adresse, pour nous faire rire.
Le sexe on le fait mais est-ce qu’on en parle?
C’est ce que nous propose ce trublion aux allures de mannequin sorti d’un Shaker Made by Monty Python. Frustration, maladresse, incohérence, la sexualité est au menu du jour, disséquée dans une cuisine assaisonnée à la sauce YouGUIZ !  Suivez le guide. C’est l’occasion de rire de nous, dans une posture de ton. Ayez l’estomac bien accroché, salé sucré, les mets sont envoyés dans le désordre.
C’est l’histoire d’un mec.
Contemporain. Un zeste de distinction, à peine perceptible, entre ce qu’il vit et la façon dont il le décrit. De l’auto fiction qui passe crème. Guillermo ne cherche pas à nous faire rire. Et c’est pour cela qu’il y arrive si bien. Il a ce besoin vitale de Dire. Alors, il parle. Parle. Parle et toujours dans une vérité de ton. Racisme, pédophilie, tous ces thèmes là qui dérangent. Une heure sur scène, seule une vocation peut expliquer cela.
Le beau et le laid se côtoient en permanence.
Une brin de folie qui séduit. Un passé. Des disparitions, des trauma à affronter, la vie ne semble pas l’avoir épargné. Il n’en fera pas l’étalage devant vous, mais sa petite faille court sur lui, comme elle vous chatouille les avant bras. Et dans tous les membres, son univers est transmissible et sensiblement drôle.

Je vous laisse découvrir ci-dessous l’intégralité de l’interview, filmée dans le bureau de sa productrice à l’Olympia.
« Guillermo Guiz a un bon fond »
Au théâtre Le Point Virgule jusqu’au 28 Juin.
7, rue Sainte croix de la bretonnerie 75004 Paris.
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